États-Unis : Donald Trump, maître du monde ! 

En un an, le 47ème président américain a bouleversé l’ordre mondial, détruit le multilatéralisme, cassé nombre d’alliances. Guidé par sa seule idée que les États -Unis sont « la nation la plus puissante du monde », Donald Trump cherche à s’emparer du Groenland. S’agit-il vraiment d’une réalité ou seulement d’un triomphe des apparences ? Son revirement spectaculaire, mercredi 21 janvier à Davos, ne trompe personne et crée un doute sur ses réelles intentions. Le « nouveau Shérif » paraît gouverner avant tout par la force, la peur. Les Européens, déboussolés, cherchent toujours la bonne attitude. Oseraient-ils lui résister ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se laissent pas impressionner ! Donc, les rapports de force s’imposent. Cerise sur le gâteau : il vient de se hisser  à la tête d’un « Conseil de la paix », une nouvelle instance sortie de son imagination et censée concurrencer l’ONU. 

20 janvier 2025 – 20 janvier 2026 : cela fait donc un an que Donald Trump a été officiellement investi. « L’âge d’or de l’Amérique commence aujourd’hui », assurait-il alors. Douze mois plus tard, le bilan est amer. À l’international, Donald Trump a imposé des droits de douane punitifs au monde entier (L’international, un terme qui n’a plus vraiment de sens à la Maison-Blanche). Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a été humilié, le président du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, kidnappé ! Donald Trump, qui dit ne « pas avoir besoin du droit international », affirme « diriger » Caracas depuis Washington. Les États-Unis ont bombardé l’Iran, l’Irak, le Nigéria, la Somalie, la Syrie, le Yémen, des dizaines de bateaux dans les Caraïbes. Donald Trump a menacé d’envoyer des troupes au Mexique, en Colombie, d’annexer le Canada. Il veut maintenant le Groenland. Et n’excluait pas, il y’a environ 72 heures, d’utiliser la force pour parvenir à ses fins. Il a fait machine arrière sur la  question et a retiré sa menace de surtaxes douanières contre les pays européens opposés à son projet de contrôler l’Île. Le président américain a aussi dit renoncer à utiliser la force et évoqué un accord avec l’Otan. Mais ce revirement ne semble pas convaincre. L’Otan semble au bord de l’explosion, Moscou se frotte les mains et la Chine observe.

Qui peut arrêter trump ? 

Bon nombre d’observateurs avertis savaient que le monde ne serait plus le même après le deuxième mandat de Donald Trump : ça allait secouer, que l’Ukraine risquait d’être lâchée par les États-Unis… Mais on n’imaginait pas que ce président américain aux ressorts infantiles et égoïstes irait si vite, si fort, si loin.

Qui peut arrêter Trump ?  Il semble que la paix dans le monde l’obsède ! Les historiens alertent : la logique d’empires dans laquelle Trump entend entraîner le monde, ne peut que se terminer par un conflit majeur. Il est bien averti.

Mais attention, Donald Trump va devoir se confronter au plus périlleux : son propre peuple. Car l’année écoulée a montré qu’il se moque bien de ceux à qui il avait promis de restaurer leur pouvoir d’achat, de cesser les interventions coûteuses à l’étranger… Certains d’entre eux commencent à comprendre qu’ils se sont fait berner : ce n’était pas Make America Great Again (littéralement «Rendre l’Amérique à nouveau grande » ou « Rendre sa grandeur à l’Amérique »). Jusqu’à quand vont-ils l’accepter ? Ils sont là, nombreux, à dire à leur façon : « It’s not ok » (Ce n’est pas acceptable) ou « We don’t retreat » (Nous ne reculons pas).

Redessiner l’ordre mondial 

Donald Trump semble avoir des idées plein la tête !  Il vient de créer un « Conseil de la paix » totalement à sa main, en concurrence avec l’ONU. Le but : œuvrer à la résolution des conflits selon une charte envoyée aux pays invités. Le ticket d’entrée est fixé à un milliard de dollars. Une façon pour le maître du monde de garder la main même après son second mandat ? Cette question se pose avec une acuité particulière.

Au départ, ce « Conseil de la paix » devait être consacré à la reconstruction de Gaza. Mais depuis la publication, le week-end dernier, d’une charte de huit pages détaillant ses objectifs, on s’est rendu compte que Donald Trump voulait tout simplement remplacer l’ONU. Le texte critique les « institutions qui ont trop souvent échoué » et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Il souligne « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ». En clair : l’ONU ne sert à rien, et il va la remplacer. Son désir, c’est de redessiner l’ordre mondial.

Trump, président à vie

À la tête de cet organisme, un président tout – puissant, visiblement nommé à vie, sans élection : Donald Trump ! C’est lui qui choisit les membres invités, et il peut révoquer leur participation sauf en cas de « refus par une majorité des deux tiers des membres ». Il a le pouvoir de se « désigner un successeur » à « tout moment », et ne peut être remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’ « incapacité ». Il est également le maître de l’agenda et dispose d’un droit de veto contre toute décision prise à la majorité par le conseil exécutif (où siègent Marco Rubio, Jared Kushner, Steve Witkoff et Tony Blair).

On ne connait pas encore la liste complète des pays invités, mais plusieurs d’entre eux ont déjà reçu un courrier de Washington : la Russie, l’Allemagne, la France, l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Egypte, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, Israël, la Slovénie, la Pologne, l’Inde, le Pakistan… jusqu’à la Commission européenne. Et les régimes autoritaires sont bien représentés !

Les dix premiers pays (pour l’instant) qui ont rejoint l’ONU version Trump : Israël, Egypte, Argentine, Maroc, Émirats arabes unis, Barhreïn, Hongrie, Azerbaïdjan, Arménie et Kazakhstan.

À l’instar de l’Ukraine et la Norvège, la France a dit non ! Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé l’attachement de la République « à la charte des Nations Unies ». La France « n’entend pas donner de suite favorable» à ce stade à l’invitation reçue pour rejoindre un « Conseil de la paix » voulu par Donald Trump car il « soulève des questions majeures », a déclaré à l’AFP l’entourage d’Emmanuel Macron.

De nombreuses invitations restent encore sans réponse : la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et le Canada.

À noter que les membres n’exerceront leur mandat que pendant trois ans maximum… sauf s’ils versent un milliard de dollars au cours de la première année. Pour Trump, tout a un prix.

Ce n’est pas un hasard si Donald Trump annonce la création de ce « Conseil de la paix » au moment où il fête le premier anniversaire de son retour à la Maison-Blanche. Les mandats de président des États-Unis durent quatre ans, et on ne peut en exercer que deux…Ouf ! Plus que trois ans. Eh bien non, puisqu’il pourra rester indéfiniment à la tête de son « Board of peace » (Conseil de la paix). Donald Trump, maître du monde ! Quelle fonction pourra-t-il encore convoiter ? Nul ne le sait, mais si on était le pape Léon XIV, on se méfierait.

Robert Kongo, correspondant en France

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