La polémique enfle autour de la gestion de la Société Nationale d’Électricité (SNEL), désormais au centre d’accusations graves liées à une supposée dérive politique.

En cause, une correspondance signée par le professeur André Mbata Mangu, Secrétaire permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN), appelant à une « contribution mensuelle obligatoire » en faveur de la plateforme au pouvoir. Une initiative qui suscite une vive indignation dans les milieux politiques et au sein de la société civile.
Adressée notamment à Teddy Lwamba Muba, Directeur général de la SNEL, cette demande est perçue par plusieurs analystes comme une tentative manifeste de mélanger les ressources publiques avec les intérêts politiques.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre une dérive préoccupante : la transformation progressive d’une entreprise publique stratégique en instrument au service d’un agenda politique. « La SNEL n’a pas vocation à financer ou soutenir une structure politique », dénonce un expert en gouvernance.
Mais la contestation ne se limite plus aux analystes. En interne, la grogne monte. Selon plusieurs sources concordantes, des agents et cadres de la SNEL expriment désormais ouvertement leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de gestion politisée et déconnectée des réalités de l’entreprise.
Ces derniers en appellent directement au Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, pour une intervention urgente. Ils demandent la mise à l’écart de Teddy Lwamba Muba, accusé de ne pas défendre l’indépendance de la société, et plaident pour la nomination d’un « fils maison », c’est-à-dire un cadre interne maîtrisant les réalités techniques et administratives de la SNEL.
Pour ces agents, seule une telle décision permettrait de sauver l’entreprise d’un naufrage annoncé, marqué par la politisation, la mauvaise gouvernance et la perte de repères professionnels.
Le silence de Teddy Lwamba Muba face à la polémique est également vivement critiqué, renforçant les soupçons de complaisance. Du côté de André Mbata Mangu, les critiques se multiplient, certains estimant qu’il a franchi une ligne rouge en impliquant directement des entreprises publiques dans des dynamiques politiques.
Cette affaire met en lumière une problématique plus large en République démocratique du Congo : celle de la frontière de plus en plus floue entre l’État et les plateformes politiques. Une confusion qui alimente le clientélisme, fragilise les institutions et compromet la transparence.
Alors que les défis énergétiques restent immenses, cette crise risque d’aggraver la méfiance des citoyens envers la SNEL. Pour beaucoup, l’urgence est désormais claire : dépolitiser la gestion des entreprises publiques et restaurer la primauté de l’intérêt général.
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