La Banque mondiale a publié un rapport accablant sur la gestion de la SNEL, dressant un constat sévère de la gouvernance des entreprises publiques congolaises. Ce document, intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », souligne notamment l’absence de conseils d’administration compétents et indépendants, facteur majeur de la dérive financière et opérationnelle de la SNEL.
Un Directeur général fortement contesté
Le Directeur général, Teddy Lwamba Muba, est vivement critiqué pour sa gestion jugée davantage politique que technique. Selon plusieurs sources internes :
Il arrive régulièrement au bureau vers 14 heures, retardant la prise de décisions cruciales.
De nombreux dossiers stratégiques restent bloqués dans son bureau, compromettant l’efficacité opérationnelle de l’entreprise.
Sa gestion aurait contribué à aggraver la situation financière de la SNEL, déjà fragilisée.
Le PCA Luc Badibanga pointé du doigt
Le Président du conseil d’administration, Luc Badibanga, fait également l’objet de reproches sévères :
Il se serait éloigné de sa mission principale de supervision stratégique et de contrôle du conseil.
Plutôt que de se concentrer sur la redressement de l’entreprise, il se focaliserait sur un projet de scission de la SNEL en trois entités (SNEL Production, SNEL Transport, SNEL Distribution), considéré comme prématuré et risqué.
Selon des sources internes, il agirait en complicité avec le DG et la ministre du Portefeuille, dans une dynamique jugée plus favorable à des intérêts particuliers qu’au redressement de la société.
Il aurait ignoré l’urgence de publier les états financiers et bilans annuels de l’entreprise, accentuant l’opacité et la perte de confiance des agents et cadres.
Une opacité financière jugée préoccupante
Le rapport de la Banque mondiale souligne :
La SNEL concentre près de 75 % de la dette des entreprises publiques congolaises, avec une dérive financière inquiétante.
Des arriérés de salaires pouvant dépasser 100 mois dans certaines entreprises.
Des délais de recouvrement des créances moyens de 1 400 jours et des paiements aux fournisseurs retardés de plus de trois ans.
L’entreprise doit désormais emprunter dans les banques pour payer les salaires, alors que sous l’ancien DG Fabrice Lusinde, la trésorerie était saine et la gestion plus stable.
Des agents en colère et un appel au chef de l’État
Face à cette situation, les agents et cadres de la SNEL demandent au chef de l’État, Félix Tshisekedi :
De nommer un « fils maison », un cadre issu de l’interne connaissant bien les réalités de la SNEL.
De se débarrasser du comité de gestion et du conseil d’administration actuels, jugés incapables de réformer l’entreprise et accusés de privilégier des intérêts particuliers.
Une entreprise stratégique fragilisée
Pilier du secteur énergétique, la SNEL apparaît aujourd’hui affaiblie par :
Une gouvernance contestée,
Des difficultés financières majeures,
La perte de confiance des agents et du public.
La qualité de service reste insuffisante pour répondre aux besoins de la population et soutenir l’économie nationale.
L’urgence d’un sursaut
Le rapport de la Banque mondiale est clair : seule une réforme profonde, portée par un leadership compétent et engagé, accompagnée d’une gouvernance transparente et indépendante, pourra redresser la SNEL et éviter l’effondrement d’un acteur aussi stratégique pour la RDC.
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